PAUSE-CAFE : Compte-rendu du 30 mai 2020

Liste des participants : 

  • Johanna
  • lhame
  • Ahmed Rabani
  • Virginie (Sumayya)
  • Amina Abousaid
  • Yao
  • Aurélien
  • Mohamed
  • Taz
  • Dominique
  • Halima
  • Nadir
  • Animation de l’échange :
  • Nadir 
  • Halima

Thèmes abordés :

  • Installation en campagne : comment ? Pourquoi ?
  • Questionnement sur le lieu où habiter : en France ou à l’étranger ?
  • Education scolaire des enfants : école à la maison
  • Habitats alternatifs : Tiny House, Yourte …
  • Permaculture, écologie
  • Intérêt pour une rencontre réelle entre les différents membres du groupe
  • Revendications religieuses au sein des sociétés occidentales modernes : utiles ou faux-débats ?
  • Place des convertis dans la communauté musulmane
  • Les véritables interdits en Islam : lesquels sont-ils ? En quoi notre époque annonce t-elle le retour de ‘Issa – aleyhi Salam (Jésus, que la Paix soit sur lui).
  • La valeur du prêche du Joumou’a à notre époque 
  • Sincérité avec le Coran
  • L’adolescence selon les époques
  • Honte des Musulmans à parler des sujets liés à la sexualité
  • Changement de perception de notre religion lié au leadership Chrétien de notre temps
  • Nature véritable de l’être humain : être terrestre ou être spirituel ?

Lors de cette pause-café, nous avons commencé par un rapide tour de table.
Chacun des participants / participantes a donné une brève présentation de lui-même / d’elle-même : âge, lieu de résidence, objectifs visés en s’inscrivant sur le groupe Union – Eschatologie ect…

INSTALLATION A LA CAMPAGNE

L’échange a été rapidement orienté sur l’installation à la campagne.
Notamment quel est le plus judicieux : l’installation par l’accès à la propriété ou plutôt la location ? Des arguments ont été donnés en faveur des 2 camps, la location étant plus judicieuse sur le court terme (car plus facile à obtenir en fonction de nos moyens) et la propriété apparaissant plus intéressante sur le long terme (à chacun son avis..).

L’accès à la propriété à plusieurs personnes a également été mentionné de même que le vivre-ensemble qui a mené à un questionnement pertinent : sommes-nous encore capable de vivre les uns avec les autres, nous qui sommes issus de sociétés individualistes ? Un autre questionnement a été soulevé concernant l’installation à la campagne : pourrions-nous être acceptés et bien accueillis si nous nous installons en tant que Musulmans dans les campagnes françaises ?

Question à laquelle notre soeur Johanna a apporté une réponse éclairée : c’est à nous en tant qu’individu ou groupe de s’atteler à afficher un bon comportement. C’est cela qui permettra un accueil favorable des populations campagnardes qui sont loin d’être aussi fermées qu’elles n’en ont l’air en réalité. Le fait de s’intégrer également dans la vie économique locale : acheter sa nourriture auprès de la ferme du coin, consommer local plutôt que de se rendre dans la supérette ect… permet non seulement de modifier sa façon de consommer et donc d’être plus en phase avec notre religion mais en plus, cela permet le rapprochement progressif avec les habitants du coin et de tisser des liens au fil du temps. Johanna indiquait également qu’il est préférable de recourir à des projets éparpillés plutôt que de chercher à s’installer à plusieurs et d’un coup dans un même endroit, ce qui provoquerait la suspicion généralisée mais aussi de la peur chez les habitants.

Le bon comportement est donc, avec la patience, le rouage qui permettra de faire fonctionner correctement la mécanique des relations humaines. Par ailleurs, le comportement éminent de notre noble Prophète, asws, a été mis en lumière par Allâh lui-même, à travers Sa parole, le Coran.

EDUCATION DES ENFANTS

L’éducation scolaire des enfants a ensuite été abordée par les membres. Notamment en le replaçant dans le contexte d’installation en campagne. 
Notre soeur Halima évoquait l’idée par exemple de créer dans ce contexte, une communauté de parents qui effectueraient tour à tour, des cours particuliers pour nos enfants (ou futurs enfants) afin de faciliter cette tâche pour tout le monde.Notre soeur Taz indiquait par exemple qu’effectuer l’école à la maison depuis septembre avec ses enfants lui permettait de redécouvrir le partage et la relation avec eux. Cela montre un des avantages indiscutables de l’école à la maison pour les enfants (même si tout le monde ne peut pas forcément se le permettre).

HABITATS ALTERNATIFS

Pour poursuivre sur le sujet des campagnes, nous avons également abordé brièvement le sujet des habitats alternatifs : Tiny Touse (petite maison aménagée efficacement), Yourte (qui demande une remise en question quant au confort du monde moderne) ect ..
Ceci dans le but de palier le manque de moyens de beaucoup de personnes qui ne peuvent pas prétendre à être propriétaire d’une maison classique sans passer par un crédit avec Riba (intérêts usuraires interdits en Islam).
Il existe par ailleurs en France, beaucoup de terrains à prix très raisonnables et qui en plus disposent d’une grande superficie qui sont une solution à envisager pour ceux et celles qui désireraient acquérir un terrain à plusieurs.

PERMACULTURE

Il a aussi été question de mentionner brièvement la permaculture et l’écologie, voir notamment la page Facebook : Les permaculteurs musulmans.

RENCONTRE

L’évocation d’une rencontre réelle entre les différents membres du groupe a aussi été évoquée et notamment mettre en lien les personnes qui vivent dans des régions proches les unes des autres.

VISIBILITE VIS A VIS DE LA RELIGION

Nous avons ensuite abordé le sujet de la visibilité volontairement affichée ou non des musulmans en Europe.

Notre soeur Ilhame indiquait par exemple qu’il est tout à fait normal selon elle d’afficher son appartenance religieuse en toute situation et mettait en évidence qu’en France, notamment certains musulmans convertis, il y a une tendance à la dissimulation de notre foi auprès des autres afin d’être perçus « normalement » par le reste de la société.
A contrario, en Belgique, notre soeur Ilhame indique que les musulmans en règle générale n’ont pas de problème avec le fait d’afficher leur appartenance religieuse et que les Belges sont globalement plus tolérants que les Français quant à la présence musulmane sur leur sol.
Ce à quoi une explication a été apportée à ses propos : en France, ce n’est pas toujours facile, pour un convertis notamment, de toujours s’afficher en tant que musulman dans tous les aspects de sa vie.

J’ai alors repris un épisode de la vie du Prophète Muhammad (asws) au tout début de la Révélation Coranique, qui était contraint de faire profil bas dans une société Mecquoise hostile au nouveau message Divin. Lui, ainsi que ses compagnons s’astreignaient à se rencontrer dans la maison d’un des compagnons en cachette (maison d’AL ‘Arqam) afin de d’échanger sur le contenu des révélations.
Notre soeur Sumayya a rebondit sur le sujet en évoquant le caractère cyclique de l’histoire, et qu’aujourd’hui, nous sommes de nouveau dans cette situation et que la vie de nabi Muhammad (asws) était un puits d’exemples à prendre en compte pour savoir comment agir en telle ou telle situation.

Notre frère Nadir a également rebondit sur le sujet en donnant un exemple concret d’une discussion qu’il a eu avec Sheikh Imran Hosein qui lui avait conseillé de quitter la France car c’est un pays très spécial, ce à quoi notre frère Nadir a répondu qu’il ne pouvait pas se permettre de quitter le pays. Sheikh Imran Hosein lui a alors conseillé de faire profil bas dans la société française…

Ce qui a mené à un échange sur les faux-débats de notre temps : le voile à l’école, les revendications des femmes musulmanes à accéder aux piscines municipales en burkini, la taille des minarets ect…qui sont en réalité les problèmes les moins graves à gérer pour notre communauté. Cela permet aux politiques de non seulement diviser les Musulmans entre eux, de les contraindre à des réflexions inutiles et donc de les maintenir la tête sous l’eau, mais aussi amener sur le débat public de fausses problématiques qui dissimulent les véritables problèmes socio-économiques de la France.

PLACE DES CONVERTIS

Notre soeur Johanna a ensuite évoqué la place des convertis au sein de la communauté musulmane.                                       

Elle indiquait percevoir de plus en plus chez les convertis, un éloignement du reste de la communauté, qui elle est à majorité maghrébine.

Les convertis font en effet face à une volonté de ne pas « s’arabiser » sous prétexte d’être convertis à l’Islam car ils ont pour beaucoup d’entre eux (soit dès le début de leur conversion, soit après mûre réfléxion) compris qu’il existait parfois une confusion des 2 mondes que sont la religion et la culture arabe.
Ne trouvant pas d’écoute attentive bien souvent, les convertis ont tendance à s’éloigner du reste de la communauté et à se retrouver de plus en plus entre eux afin de se sentir plus libres dans leurs propos et leurs opinions. Par ailleurs, notre soeur Johanna indiquait également que les convertis n’ont pas les mêmes appréhensions que nos frères et soeurs d’origine maghrébine à retourner vivre dans les campagnes françaises.

Ce à quoi, notre frère Nadir a apporté une réflexion intéressante sur le sujet de l’installation en campagne : il est plus judicieux et efficace d’utiliser nos frères et soeurs convertis lorsqu’il s’agit d’acheter un terrain en campagne car leur appartenance religieuse (notamment pour les hommes) ne se voient pas au premier abord et facilite ainsi une installation en campagne.
Notre frère Yao a rebondit également sur le sujet en précisant que de son côté, il estimait que les musulmans d’origine maghrébine (notamment du côté de Marseille), ont un rapport à la France qui est souvent conflictuel de part l’histoire (colonisations du Maghreb, guerre d’Algérie ect…) et vont de fait, avoir une approche de l’Islam qui met d’office en confrontation la religion qu’est l’Islam avec la France.

Notre soeur Taz a également apporté une réflexion intéressante sur le fait qu’elle a redécouvert la religion plus tardivement en se penchant sur une recherche plus approfondie et qui lui a permis de faire le tri dans toutes les informations qu’elle a pu engranger depuis sa naissance et ainsi faire ressortir le vrai du faux.

Notre frère Nadir, quant à lui, nous a démontré qu’aujourd’hui, la religion telle qu’elle nous a été transmise / présentée a été réduite à une succession d’interdits et de fatwas sur tous les sujets qui finalement poussent le croyant à penser systématiquement chacun de ses faits et gestes avant de les accomplir et dénature ainsi tous ces actes.
Or, il s’avère que dans l’Islam, les interdits sont explicitement cités dans le Coran et sont surtout liés aux 10 commandements donnés à Moïse (aleyhi salam) : ne pas tuer ect..

Nabi’ Muhammad (asws) prêchait sur la place publique un message très simple que l’on a complexifié aujourd’hui. La loi Divine est donc plus simple que les lois créées par les Hommes. Il y a donc une différence entre l’Islam (religion révélée par Dieu) et le « musulmanisme » des Hommes.

LA VENUE DE JESUS (AS)

Notre frère a continué sur la venue de Jésus (aleyhi salam) qui est logique dans notre époque dans la mesure où il va à nouveau libérer les gens des fardeaux des interdits des « Rabbins du Temple », autrement dit, des savants de notre temps.

SEXUALITÉ ET MARIAGE CHEZ LES JEUNES

Nous avons enchaînés sur le sujet des sermons (Khotbas) du Joumou’a de notre époque qui passent et se ressemblent d’une année sur l’autre et qui esquivent les vraies problématiques de notre époque. Notre frère Nadir nous a cité un des meilleurs exemples qui soit : les jeunes et la sexualité. Aujourd’hui, si un jeune va s’adresser à un responsable religieux (Imam ect..) afin de lui demander de l’aide sur comment se préserver des péchés charnels avant le mariage, le responsable le renverra encore et toujours au Hadith du Prophète (asws) qui indiquait aux jeunes de se prémunir de ces péchés par le jeûne.

Or, les 2 époques sont sensiblement différentes.
Là où le mariage était réalisé bien plus tôt à l’époque du Prophète (asws), aujourd’hui nous sommes face à un déni de notre temps que Sheikh Imran Hosein a mis en évidence dans l’une de ses conférences : nous devons instaurer de nouveau le mariage pour nos jeunes dès l’âge de 16 ans par exemple, même si nous pensons que les jeunes paraissent immatures aujourd’hui.

C’est notre interaction avec eux qui façonne leur approche du monde et qui les infantilise. Le monde occidental ferme les yeux et se cache derrière de fausses excuses et fausses croyances concernant la jeunesse.
La réalité biologique de l’être humain nous montre que l’adolescence est un passage vers le monde adulte et que la puberté durant laquelle Allâh a permis aux jeunes femmes d’enfanter et aux jeunes hommes de sécréter le liquide spermatique indiquent que le mariage est tout à fait naturel à un âge bien plus précoce qu’on se l’imagine aujourd’hui.

Les adolescents tomberont de toute façon dans le péché de la fornication pour beaucoup d’entre eux à un moment ou à un autre et il est donc préférable d’envisager des solutions à la fois viables et plus en adéquation avec notre nature humaine et notre réalité religieuse. 

Notre frère Nadir nous donne également une excellente démarche à suivre qui nous concerne tous : lorsque nous avons un questionnement auquel nous ne trouvons pas de réponse, il faut aller puiser sa réponse dans le Coran. Si notre démarche est sincère avec le Coran, Allâh nous permettra d’entrevoir une réponse précise et adapté à notre questionnement.
En l’occurrence, si nous reprenons notre exemple cité plus haut (les jeunes et le mariage), Nadir est parvenu à une conclusion sur la manière de concevoir le mariage des jeunes en faisant un parallèle avec l’histoire de Moïse (aleyhi salam) et son envie du mariage avec une femme qu’il rencontre aux abords d’un point d’eau. Le père de ces filles finit par dire à Moussa (as) que s’il compte épouser sa fille, il devra travailler pour lui 8 ans (ou 10 ans si cela lui plaît).

On peut en déduire que nous devrions, dans le cadre d’une demande de mariage d’un jeune homme, le prendre au sérieux et le mettre au service du père de la fille demandée en mariage.

Cela peut passer notamment par des exemples de la vie quotidiennes très simples : amener sa future épouse au médecin si elle est malade, l’accompagner dans ses démarches ect.. cela responsabilisera le jeune homme et le contraindra à être sérieux dans sa démarche de bout en bout puisque il doit rendre compte de son implication au père de la jeune qu’il prétend vouloir épouser, là où beaucoup de jeunes aujourd’hui jouent avec les sentiments des autres et ne s’engagent pas réellement dans une démarche durable et sincère.

HONTE ET SEXUALITÉ DANS LA SOCIÉTÉ MUSULMANE

Nous avons ensuite abordé le sujet de la honte chez les Musulmans à parler de sexualité.
Nous sommes aujourd’hui faussement pudiques face à ces questions, là où les femmes du temps du Prophète (asws) n’hésitaient pas à l’interpeller à l’extérieur sans aucune honte afin de lui poser des questions sur leur intimité notamment.

Notre frère Nadir nous a précisé que cette liberté d’esprit et de parole sur le sujet a perduré notamment jusqu’à ce qui est considéré dans l’histoire comme étant l’âge d’or de l’Islam (daté entre le 8ème et le 13ème siècle de l’ère chrétienne) où les Musulmans étaient considérés comme des pervers par les Occidentaux car ils n’avaient aucune gêne avec ce sujet et étaient très libérés sur le sujet.

Nous sommes dorénavant revenus à une époque où la pensée dominante est à présent chrétienne (leadership chrétien de notre époque) et où la sexualité devient un tabou et est considérée comme une perversion.
L’inversion de la pensée dominante ainsi que la nature humaine se soumettant naturellement à cette domination, nous a amené à une religion « de la honte » sur la sexualité. Cela a par ailleurs mené nombre d’hommes d’Eglise notamment à tomber dans des perversités bien plus dramatiques que la fornication que nous connaissons, à savoir la pédophilie. Cette fausse chasteté que nous avons introduite dans notre univers religieux tend les Musulmans de plus en plus vers le péché, faute de pouvoir en parler librement avec des responsables religieux par exemple, qui leur permettrait pourtant de les apaiser sur ces questions et de les amener plus près de la vérité.

LA NATURE PARADISIAQUE DE L’ÂME

Le dernier point abordé lors de notre échange a été la nature paradisiaque de notre âme.
Notre frère Nadir a abordé le sujet en indiquant que nous possédons en nous une trace de notre passage au Paradis.
Il donne pour exemple le cas des rêves où nous sommes en mesure de vivre un fantasme que nous sommes ensuite incapable de ressentir de la même façon une fois réveillé.

Un autre argument a été donné sur le sujet : celui du corps qui réagit dans le réel suite à une projection imaginative.
L’exemple donné dans ce cas est celui d’une personne qui projette dans son imagination être en train de marcher dans le désert sous une chaleur écrasante au point d’enlever son pull et le mettre sur sa tête pour se protéger du soleil.

Un marchand arrive alors avec un citron frais, c’est alors que l’on peut constater que la salive s’active dans notre bouche dans la réalité malgré que l’action se déroule dans notre imagination.
Le cerveau ne fait donc pas la différence entre la réalité et l’imagination et le corps réagit à l’imaginaire. Il s’agit d’un cadeau de Dieu, car l’âme peut de ce fait vivre intérieurement des choses plus fortes et plus puissantes que certaines réalités physiques.

Nous sommes donc des êtres spirituels venus vivre une vie terrestre puisque nous descendons du Paradis et que nous avons été créés dans ce lieu pour ensuite être envoyés sur Terre.


        FIN.

Compte rendu rédigé par Dominique

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